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Fabien Antolinos-Team Terre de Trail/Ronhill

Templiers (2)

terre de running

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Bonjour Fabien et tout d’abord un grand bravo pour ta somptueuse course des Templiers… Belle course difficile que tu as dompté en 6h10….et pour l’avoir couru aussi elle ne fut pas facile avec les conditions météo entre autre…mais aujourd’hui on a finalement le même tee-shirt finisher n’est-ce pas ?! *rire*

T.S : Quel est ton souvenir le plus fort sur cette course ?

F.A : Mon souvenir le plus fort sur les Templiers reste le franchissement de la ligne d’arrivée, juste avant ma femme qui vient me féliciter, je sais qu’elle n’y croit pas…, les supporters le long des barrières, la couronne, le passage sous l’arche et en face tous ces gens qui attendent le premier ! L’un des grands moments de la course a été l’instant où je suis passé en tête, à la fin de la côte de Massebiau que j’avais reconnu 4 fois 4 semaines avant la course. Là je me suis dit que malgré la fatigue, l’occasion de gagner ici ne se représenterait sans doute jamais et qu’il ne fallait pas laisser passer cette chance, quelles que soient les difficultés à surmonter jusqu’à l’arrivée.

T.S : J’ai pas connu de moment “difficile” ou de baisse de moral pendant ma course… sauf au 64ème KM où j ai dû prendre du temps, pour me réchauffer, manger un peu… mais rassure moi Fabien : As-tu connu un passage a vide ? Si oui à quel moment ? Comment fais tu pour surmonter ces moments difficiles ?

F.A : J’ai connu deux passages à vide ou plutôt deux moments de doute. Le premier sur le plateau des causses, dans la nuit lorsque le mal de ventre m’a fait stopper deux fois et que je me suis retrouvé 22ème à Peyreleau, bloqué dans le trafic de la descente malgré mes bonnes jambes. Ce n’était pas ma position qui m’affolait mais la possibilité que mon ventre puisse me jouer des tours toute la course, heureusement le mal s’est estompé dans la montée suivante. La deuxième petite alerte a été au niveau de la Roque où j’ai commencé à sentir des débuts de crampes ou plutôt des adducteurs qui devenaient plus raides et plus sensibles à l’effort, j’ai dû calmer le jeu et bien boire…

T.S : Comment appréhendes tu la deuxième partie de course qui selon moi est la où elle a réellement commencé ?

F.A : La course commence toujours pour moi dès le coup de pistolet, il faut être bien placé, s’économiser, réguler son allure, faire attention à ses appuis, l’hydratation, l’alimentation, si la course ne se gagne pas au début je t’assure qu’elle peut aussi se perdre là ! Bien entendu, la deuxième partie était décisive avec un concentré de difficultés à franchir avec la fatigue, c’est dans ces moments qu’on perd parfois la lucidité et la course… Pour moi, cette deuxième partie signifiait de ne rien lâcher et de tout donner dès Pierrefiche, je me suis accroché à Héras sachant qu’il représentait « le bon wagon » avec un bon rythme sur le plat et des descentes à fond. J’ai porté une première attaque en remontant en face du Mona puis dans la montée de Massebiau où je me sentais plus fort que lui. Ça a été l’occasion de rejoindre Julien qui n’étais pas bien en haut de la côte. Au Cade j’ai serré les dents, je savais que j’avais encore une cinquantaine de minutes à courir pour conserver ma minute trente d’avance au dernier ravitaillement. En haut des antennes, je me suis fait plaisir dans la descente, je me doutais que la course était presque gagnée avec cette minute trente encore d’écart.

T.S : J’imagine que tu as pris moins de temps que moi aux ravitos ….comment te nourris tu sur ces ultras ? Des conseils !?

F.A : Sur la course j’ai mangé 3 pâte de fruits et environ 5 gels speed’ox, speed gel et tonic de punch power ainsi que de la boisson énergétique à raison de 500ml heure. Rien d’autre, même pas de la banane ou des pom’potes que je consomme parfois en course. Bien entendu les ravitos ont été express, juste le temps de changer de ceinture ou de bidon. Pour les conseils, boisson énergétique obligatoire tout du long, éventuellement une boisson salé à partir de 2h30, 3h d’effort et ceci à raison de 500 ml heure environ. Pour moi c’est également un gel ou une pâte de fruits toutes les 45 minutes. De la Sporténine si vous crampez facilement… Et surtout, bien ou pas bien, il faut toujours s’hydrater et manger régulièrement.

T.S : Quel entrainement as-tu fait pour les Templiers !? et comment gère tu ça avec ta vie de prof d’EPS ?

F.A : Mon emploi du temps est bien millimétré avec les entraînements et le travail mais aussi et avant tout la famille puisque nous avons deux enfants en bas âge avec ma femme Virginie qui me soulage bien quand je dois m’entrainer. Je suis quelqu’un qui court peu en compétition mais qui essaie de m’entrainer « beaucoup » et surtout en gardant de la qualité ! Ma plus grosse sortie avant les Templiers a été une compétition de 3h29 début Septembre. Je n’aime pas courir longtemps à l’entrainement et je n’en ai d’ailleurs pas le temps. Je fais environ 6 à 7, 8 à 9, 10 à 11 entraînements par semaine selon que je sois en récup, au travail ou en vacances. Pour les Templiers mon entrainement spécifique n’a commencé que début Septembre car j’avais besoin de couper en Aout et que je pouvais m’appuyer sur une saison déjà bien pleine… J’ai essentiellement travaillé la vma « moyenne à longue » et du seuil avec quelques rappels en côtes et du vélo de route 1 à 2 fois par semaine.

T.S : En quoi cette course est mythique pour toi !?

F.A : Cette course n’est pas mythique que pour moi, il y a tous les ans 2600 coureurs au départ qui viennent parce qu’il s’agit d’une course historique du calendrier, d’une organisation impeccable, d’une distance référence dans le Trail long, de sentiers techniques, de paysages sauvages, d’un concentré de difficultés savamment dosé entre côtes dures, passages étroits dans les buis et sur les corniches, sentiers roulants où il faut savoir aller vite, départ de nuit sous les feux de Bengale, Ameno… et les meilleurs Traileurs qui se donnent rendez- vous tous les ans. Bref, c’est la course référence sur cette distance en Trail, c’est pour ça que je voulais gagner ou du moins bien figurer en montant sur le podium.

T.S : Comment gères tu la semaine post course ? Moi qui est le pied touché alors que pendant 72 km pas une douleur… Comment enchaînes tu ? Récupères tu ?

F.A : Après la course tout s’est enchaîné très vite avec mon départ pour 15 jours de vacances au Japon en famille, je n’ai pas encore totalement réalisé et pour la récupération je ne sais pas trop car après 10 jours post course je n’ai couru qu’une fois 30 minutes. De toute façon tous les ans j’aime faire une bonne pose de 2 à 5 semaines en fin de saison.

T.S : Te rends tu comptes que le midi tu passais à table et moi j’en avais encore pour 6h de course *rire* mais quel honneur de me dire que j’ai foulé tes traces… Même si elle étaient gelées…!!

F.A :  Ce qui est bien dans notre discipline c’est que tout le monde court en même temps, sur le même parcours et part de la même ligne (bon un peu derrière pour le 2600ème !). Moi, je ne pourrai jamais jouer un match de foot avec Ronaldo… seulement sur playstation !!! En ce qui concerne les efforts, ils sont difficilement comparables, c’est vrai que je cours moins longtemps, ma gestion n’est pas la même que les coureurs en 12h, la fatigue est différente aussi mais ce qui compte c’est que tous nous donnions le maximum pour passer la ligne le plus vite possible car nous portons tous un dossard et nous venons tous pour donner le meilleur de nous-même, en tout cas c’est ma façon de voir la course.

T.S : Un conseil pour nos Traileurs amateurs que nous sommes pour gagner du temps sur des courses comme les Templiers avec un fort dénivelé !?

F.A :  Il faut commencer par avoir une certaine base de vitesse, je vois trop de coureurs qui se contentent de footings plus ou moins longs sans jamais varier les allures ou qui ne font que du dénivelé… Il faut être capable de varier les allures, d’aller « vite » parfois, de savoir prendre son rythme d’autres fois, notamment dans les côtes. Hormis à l’entrainement, je pense qu’il y a beaucoup à gagner pour de nombreux coureurs sur la gestion des allures en course. Il faut se réserver et se préserver dès le début de course sans quoi les fins sont difficiles. Les 10 secondes gagnées au kilo dans la première partie se paient parfois à coup de grosses minutes perdues dans la seconde… Sans parler de l’hydratation et de l’alimentation qui font que l’on évite l’hypo ou la perte total du carburant qui nous fait avancer.

T.S : D’ou te viens cette passion du Trail ? Et comment donner envie aux coureurs qui te lisent aujourd’hui ?

F.A : Le Trail est pour moi un bon compromis entre ma passion pour la montagne, mon gout de l’effort et du dépassement ainsi que la course à pied avec comme but de progresser en apprenant chaque jour. J’aime le Trail aussi parce que tout ne se joue pas sur les capacités physiques ou le potentiel physiologique comme sur d’autres distances en athlétisme. Au final le « meilleur » au départ n’est pas toujours le premier à l’arrivée, le lièvre et la tortue, ça m’amuse ! Il y a également pour moi trois paramètres décisifs qui sont le Travail, la Gestion et la Volonté et qui font du Trail une discipline si intéressante, si vous maîtrisez ces paramètres, vous les mettez bout à bout, ça fait TGV et ça va vite !!!

T.S : Ton prochain objectif ? que je me prépare…*rire* ?

F.A : Les Championnats du Monde au pays de Galles début Juillet 2013. Attend un peu avant de te préparer car on ne connait ni la distance ni le dénivelé alors pour le moment je réfléchis à un hypothétique calendrier…

T.S : Merci Fabien d’avoir pris du temps pour Trail-Session et encore b​ravo pour ce que tu as fait, ce que tu fais et surtout pour l’esprit Trail que tu nous transmet.

F.A : Merci à toi et à tous les passionnés de Trail, bon vent à Trail-Session et bonnes courses à tous.

Céline Demmerlé, Trail Session.

[youtube]http://youtu.be/qjln4DdYC-I[/youtube]

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