Courir moins, plus vite, pour aller plus loin…

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Courir moins, plus vite, pour aller plus loin … Voilà un problème que beaucoup de Traileurs rencontrent peut-être… Pour ma part je viens de le vivre…

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céline 6Nous voici dans notre bulle Trail depuis des mois, des années, tout va pour le mieux. Les courses s’enchaînent, les kilomètres sont avalés, les sentiers sont parcourus, les semelles usées, des kilos de gâteau sport avalés, des milliers de litres d’eau ont été engloutis. Et voilà au fur et à mesure on va un peu plus loin. On passe d’un simple Trail de 20km à celui de 32, puis 50… Et tiens, si on passait à celui qui donne même des points de qualification au mythique UTMB ?
Allez on s’embarque sur un 65, un 72, un 80 km et en voilà des séances d’entraînement toutes conçues par le coach. On suit ce plan d’entraînement à la lettre. Même quand on jure que “plus jamais je ne referai cette séance! Je le hais!” Mais pourtant on s’y tient car on veut aller au bout… Réussir le défis de toujours, aller plus loin. Des séances de sorties longues, très longues… Où le moral en prend un coup lorsque l’on est déçu de ses performances, de son état, de sa récupération. Puis c’est parfois le doute qui fait son apparition. Et nous envahit alors cette fameuse question “Mais pourquoi je me suis embarqué là dedans ? Je suis fada!” Et ce à quoi on nous répond “Parce que tu es fou/folle et que tu adores ça et que tu vas y arriver !” Eh oui c’est vrai, chaque étape de course est réussie, pas de blessure.. Rien qui nous empêche d’aller plus loin encore car voilà notre objectif, aller encore plus loin!

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céline5Mais c’est là que le coach intervient (ou votre petite voix de sagesse…moi je l’entends pas ..) qui vous dit “t’emballe pas trop… tu as réussi certes, 80km ok, mais hors de question d’aller sur le 100 là, maintenant !” Quelle déception ! Moi qui croyais pouvoir ajouter des km à chaque étape. Ok je touche du bois, jamais eu de pépin ou jamais vécu d’abandon…donc un peu difficile pour moi d’entendre, et surtout d’accepter la décision du coach. Mais sa démonstration peu à peu me convainc. Pendant quelques mois il va falloir baisser le kilométrages (DUR!!!) pour pouvoir travailler la vitesse (tout ce que j’aime…!) et donc passer moins de temps sur un Ultra. Ah?! “Oui oui, si tu arrives à augmenter ta vitesse de croisière tu resteras donc moins longtemps sur le terrain. Un 100km pendant 24h ou un 100km pendant 19h c’est pas pareil. Ton corps ne subit pas les mêmes choses, la récupération sera différente, plus longue ou plus courte selon le cas. Alors si tu veux encore courir après un 100km tu me fais le plaisir de courir moins loin mais plus vite ! “

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CélineEt bien je peux vous assurer que cette décision a été beaucoup plus difficile à digérer qu’un gatosport de 2 jours ! J’ai dû retourner dans tous les sens sa théorie, en parler, voir d’autres Traileurs pour savoir si courir moins, me permettrait d’aller plus loin ! Certes, ce n’est qu’une question de quelques mois… Et le “je veux du podium” résonne dans ma tête à chaque foulée ! Mais il s’avère que les bons Traileurs autour de moi, ceux qui ont déjà accompli le pire, c’est-à dire plus de 100/150km ou en étapes me confirment… “Bosse ta VMA et tu verras tu iras plus loin plus facilement” et je l’ai toujours écouté et grâce à lui et son programme, les longues sorties de fondamental m’ont permis de réaliser déjà tous mes rêves… D’enchaîner une côte avec de la course et pas de la marche… Donc opter pour le choix entre faire un 100km même lent, ou faire un 100km mais finir bien et “plus vite” (façon de parler) … Je choisis donc la 2ème option.

À moi les sorties rapides, les départs de course plus rapide, les séances de 30/30 ou 1’/1′ qui te font ressentir des muscles que tu pensais inexistants ! Et tu vois fièrement sur ton cardio un cœur qui s’emballe moins, à l’inverse de ta vitesse ! Tu te demandes même si ce n’est pas ton cardiaque que tu lis ! Non, non c est bien 16,5/17 et pas 165 ou 170 ! Et là tu te dis “je te hais mais tu as tellement raison”. Quand sur un 37km tu vois ton temps s’améliorer de 30’…tu t’inclines et (re)signes. J’avoue j’en bave mais j’irai peut-être plus loin et j’arriverai avant la nuit qui sait !?

Donc courir moins (en km), plus vite et forcer un peu (3/4 mois) peut vous rendre plus fort voire même encore plus ULTRA ! Merci mon Coach d’être là et de subir les humeurs de la petite Cé qui te font sourire à chaque fois, et merci pour ta PATIENCE ! Tu es au top !

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TS

Céline Demmerlé, Trail Session Magazine, 2013.

1 comment

  • Je suis entièrement d’accord, j’ai fait les 80km du Mont-Blanc fin juin en 16h30 arrivant à Cham vers 20h30 là où certains de mes amis ont mis 24h et sont arrivés à 4h du mat. Ils ont fait une autre course que je trouve finalement au moins aussi dur que la mienne voire peut-être plus.
    Je me prépare maintenant pour l’UTMB (ou une course similaire si je n’ai pas la chance d’être tiré au sort) et me dis que moins j’aurais de temps à passer dehors plus facile ce sera car faire 1 nuit et un peu à courir c’est bien différent de 2 nuits complètes !

    Bravo à toi, continue comme ça, et en plus, à force d’avoir attendu de pouvoir refaire une course, tu la feras le couteau entre les dents 😉

    JC

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