David Pasquio

david pasquio.

David Pasquio s’est prêté au jeu de l’interview pour Trail Session. Après une magnifique 7éme place sur la Diagonale des fous, que nous réserve t’il pour 2013 ?

T.S : Salut David, peux-tu te présenter pour les lecteurs de Trail Session ?

D.P : Je m’appelle David Pasquio, j’ai 38 ans, vis en couple avec deux garçons : Tristan (4 ans) et Mathieu (2 ans). J’habite à Moelan-sur-mer une commune dans le sud finistérien. J’exerce le métier de sapeur-pompier professionnel dans le centre de secours de Ploemeur (Morbihan).

Tu étais cette année sur La Diagonale des Fous ou tu as fais une belle perf’. Peux- tu revenir sur cette course et nous faire partager tes émotions, ton ressenti : avant, pendant et après la course ?

Le Grand Raid de la Réunion est pour moi la course où les émotions et le dépassement de soi sont décuplés par rapport aux autres courses. Il se passe quelque chose sur cette île que je ne saurais expliquer. Paysages diversifiés à couper le souffle, une population réunionnaise acquise à la cause du Grand Raid et des raideurs et qui vous le font savoir, un week-end hors norme s’annonce bref je pense être amoureux de ce bout de cailloux et de sa population. Pour moi cette année l’objectif principal était de finir cette course et d’y prendre du plaisir car depuis deux ans je n’arrivais à retrouver mon niveau des années passées pour cause de blessures à répétition. De plus, je n’avais effectué d’ultra depuis 2007 avec un arrêt sur l’UTMB. J’ai donc attaqué cette épreuve sans aucune pression en ayant comme seul but de rejoindre St-Denis et seule la blessure m’empêcherait d’y parvenir.

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Le départ de Cap Méchant est toujours aussi magique on sent une certaine pression vous envahir, une excitation, la chance d’être là parmi tous ces coureurs, le plaisir de revoir les copains et copines sur la ligne de départ, une pensée à sa famille et ses amis, que de bons ingrédients qui vous boostent et qui font que l’aventure va être belle. Mais belle uniquement si j’aperçois St-Denis en courant. En ce qui concerne la course, elle aura été particulièrement dure de par son tracé et son kilométrage plus proche de 180 km que des 170 annoncés avec près de 11000 m de D+. Mais aussi à cause de la météo qui aura joué avec nous, avec la pluie sur la première partie jusqu’au Piton des Neiges, avec de grosses flaques et parfois un ruisseau en guise de sentier sur les hauteurs de Kervéguen et des températures de 4 à 5 degrés au volcan. Je pense que ma tactique de course a été la bonne, être prudent dès le départ, ne pas s’emballer, être toujours sur la réserve afin de garder un rythme régulier tout au long de cette traversée et surtout manger régulièrement. Je vais ainsi remonter petit à petit mes concurrents partis bien trop vite et gagner des places par les multiples abandons des favoris en passant de la 100ème place environ au premier ravitaillement pour arriver au volcan à la 33ème position, 28ème à Cilaos, 11ème au Maïdo et enfin 7ème à St-Denis. Une bien belle remontée qui me laisse un goût d’inachevé mais bon, sans prendre de risque, on ne peut pas tout avoir, le beurre et l’argent du beurre. La seule chose qui fait que je garde un peu d’amertume est la perte de mon sac ravito prévu à Cilaos et que l’organisation devait acheminer mais qui n’arrivera jamais. Sur ce coup-là, je perds 40 minutes à effectuer des va- et-vient sur les centaines de sacs qui se trouvent sur un terrain de foot pour repérer le mien mais sans résultat. J’ai donc quitté Cilaos sans mon change prévu de la tête aux pieds en passant par la nourriture. C’est dommage mais ça fait partie de la course et je n’en veux à personne, restant concentré sur mon sujet. J’ai donc passé cette fabuleuse ligne de St-Denis content de terminer à cette 7ème place aux côtés de deux compagnons avec qui j’aurais partagé presque 10 heures sur les sentiers. J’ai ainsi donné le bon tempo en les encourageant quand je sentais que c’était nécessaire et en levant le pied lorsque je sentais qu’ils décrochaient. Cette compagnie m’aura aussi servi car tout seul je pense que j’aurais pété un plomb sur cette dernière partie qui n’en finissait plus et que je trouve sans intérêt, si ce n’est de rajouter du km pour atteindre près de 180 km.

Cette grande satisfaction dans ma gestion de course me motive pour les autres ultras et un retour à la Réunion dès 2013. Que dire aussi des émotions du dimanche sur le podium avec Kilian, Antoine, Arnaud, Eric, Christophe. Tout simplement énorme avec la communion du public et des coureurs venus en masse sur le stade de la Redoute. Enfin, j’ai une pensée pour le Traileur décédé ainsi que pour sa famille. Ça nous rappelle qu’il faut toujours rester vigilant et que la montagne reste un terrain de jeu dangereux si on ne fait pas attention.

Depuis quand, fais-tu de la course à pied ?

Je cours depuis la saison 2001. J’ai débuté par le cross country avec les pompiers et signé une licence au Queven Athlé. Avant cela, j’ai joué au foot de 7 à 27 ans au niveau régional.

Pourquoi le Trail ?

Le Trail est arrivé comme une évidence. J’ai toujours été attiré par la nature et la montagne en général que ça soit en VTT, en rando ou en courant. Rien que le fait d’être dans cet élément me procure joie et bien être.

Combien d’heures d’entraînement dans une semaine ?

En ce qui concerne mes entraînements, tout dépend de mes objectifs de courses : cross, Trail jusqu’à 40km avec ou sans dénivelé. On peut dire que sur des distances comme le cross et des Trails en Bretagne, mon volume horaire ne dépasse pas les dix heures. Ensuite pour des Trails de montagne au-delà de 40 km, je vais tout de suite passé à 13-15 heures avec du travail de côte. Enfin, pour des Trails comme la Réunion, je fais des blocs ou je pars à la montagne pendant deux ou trois jours, voir 8-10 jours en effectuant des sortie de six à dix heures par jour. Pour exemple cet été, je suis parti à Chamonix dix jours dont huit d’entraînements pour 41 heures et 18000 m de D+.

Et ta vie de famille dans tout ça ?

Ma vie de famille : j’essaie de m’entraîner dans la mesure du possible sans que cela ne dérange personne. C’est pourquoi je pars en général de bonne heure le matin lorsque tout le monde dort. Ensuite ils me suivent sur les courses lorsque c’est possible. Maintenant, il est vrai que cela déborde sur notre vie familiale car lorsque vous voulez figurer parmi les tous meilleurs, ce n’est pas en s’entraînant moins de dix heures par semaine que vous allez faire des miracles. Mais pour moi ça se passe bien et on a trouvé notre équilibre comme ça. De plus, l’ambiance est saine, les femmes et les enfants se retrouvent souvent sur les Trails et partagent aussi notre passion.

Tes qualités et tes défauts ?

Mes qualités : généreux, disponible.
Mes défauts : bordélique, têtu.

Tu seras sur les cross cette année ?

Prochains objectifs:

le cross country cet hiver
l’Ardéchois (57 km)
la 6666 (119 km) ou Maxi Race (90 km)
la CCC ou la TDS

Plus quelques Trails en Bretagne et 2 à 3 bloc en montagne pour préparer l’objectif de fin d’année le Grand Raid de la Réunion. Toutes les courses prévues longues distances font parties de ma prépa pour le Grand Raid de la Réunion donc un seul gros objectif pour 2013 et des courses de prépa pour atteindre celui-ci. En ce qui concerne le cross, je vais le préparer sérieusement car lorsque vous passez bien en cross généralement la saison de Trail suit. Il faut être bien préparé musculairement et mentalement car en Bretagne, on court dans la boue pas sur un hippodrome comme dans beaucoup de régions. C’est un effort qui ressemble au Trail.

Merci David et bonne continuation !

Alexia Jacquot, Trail Session Magazine.

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